Vivre l'instant présent

Par Geneviève Martin

On nous dit souvent de nous concentrer uniquement sur le présent, encore plus si on est parent d’un enfant malade ou handicapé...

Qu’est-ce que le présent ? En ce moment même ? J’entend les dénneigeurs passer dans la rue et il n’est que 5h du matin. Ce bruit m'a toujours détendu...

« Mais qu’est-ce que.... Vas dans ton lit mon garçon il est trop tôt. Allez... »

Bon, où en étais-je ? Ah oui, le présent ! On se DÉTEND !

J’ai toujours eu l’impression que de ne penser qu’au présent est l’équivalent de se mettre la tête dans le sable.

Bon, il est encore debout... « Vas dans le salon j’arrive dans deux minutes... » Juste deux minutes de présent supplémentaire... Ce n’est pas parce que je n’ai que 4h45 de sommeil dans le corps que je ne peux penser au présent...

D’un autre côté, penser seulement au présent revient à dire qu’on oublis le passé. Or, le passé est ce qui nous forge et est riche en expérience... « Maman ? Maaamaaaaaan ? Papa-maman? Ma-Papa-mamannnn ? » Bon, je me lève...

Le présent c’est quoi dans le fond ? C’est une série d’évènements qui font déjà partie du passé au moment même où on en parle.... Moi ce que je veux, c’est des réponses à mes questions pour affronter le présent avec ce que l’on sait du futur.

De la même façon que la pancarte annonçant un virage prononcé m’aide à prendre la courbe sans problème. Bien sûr qu’il pourrait y avoir un orignal dans le virage et que je ne pourrai peut-être pas l’esquiver. Mais n’empêche que dans une perspective généraliste, habituellement, il n’y en a pas d’orignal, parce que s’il en avait systématiquement un, j’imagine que j’aurais vu la pancarte « Attention aux orignaux ».

Comme en ce moment, la météo m’informe d’une tempête de neige qui débutera en après-midi. Assurément que la météo va changer. Elle change constamment et on s’adapte. Mais j’ai au moins une vague idée de ne pas porter mes gougounes pour aller dehors...

C’est exactement ça avec nos enfants handicapés ou malades. Aussitôt qu’on ose poser des questions, on nous répète en boucle de ne penser seulement qu’au présent car on redoute le fait qu'on puisse se tromper ou que les parents interprètent mal les propos des professionnels de la santé. Ou pire encore, ils redoutent des poursuites ou de se faire dire qu’on nous a menti.

Cependant, en agissant de la sorte, on minimise notre capacité d’adaptation de parent d’enfant différent, qui by the way, est déjà un pro de l’adaptation avec la vie qu’on a.

On ne peut se préparer à l’avenir si on a pas toutes les données observables dans le présent. Ça s’appelle « le gros bon sens ». Je dis ça mais je n'ai toujours pas de REER...

« Mamannnn, j'ai faim.... »

Si tu as 25 ans d’expérience avec les enfants différents, ou que tu travaille avec le mien depuis déjà plusieurs années, je suis certaine que tu as une vague idée de ce qui pourrait se passer dans les prochaines années au sujet de son niveau d'autonomie, même si un orignal pourrait survenir à tout moment.

Je ne fais pas d’études en neuropsychologie, en éducation spécialisée ou en pédiatrie, mais je sais une chose : « C’est que lorsque l’orignal se pointera devant ma route, je saurai le certainement contourner car je suis prudente, je ne vais pas trop vite et je prend la mesure de mes distances au fur et à mesure... »

« À qui tu parles Maman ? » ...

« Heu... Mange ton muffin mon grand... »

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