Mon grand coeur

Mon grand coeur

Par Martine-France Losier

Aujourd’hui, j'ai reçu une bonne nouvelle du médecin. Ça a fait du bien à mon moral et je me suis mise à réfléchir sur la vie.

Je me suis dit que la santé c'est vraiment une énorme chance quand on l'a. J'ai commencé à réfléchir sur ma vie. Est-ce que j'étais vraiment heureuse comme maman, comme blonde, comme amie, comme collègue de travail, comme enfant ? Bref, je me suis posé 56 000 questions...

Quand on est parent d'un enfant malade, on dirait que ça viens toujours avec un grand coeur... On hérite de ce don de soi. On donne, on donne sans compter. On aide tout le monde, on voudrait aussi sauver la planète, mais à quel prix ? On s'oublie souvent, au dépend des autres, de nos enfants, de nos amis, de nos amoureux, etc. Pourquoi ? À cela je vais vous répondre par mon expérience de maman d'un enfant différent.

On sait tous que notre situation fait peur aux autres, qu’on a souvent des problèmes à tout gérer, qu’on a pas toujours le moral au top, et que notre vie n'est qu’incertitude, avec une épée sur notre tête... Donc, pour cette raison, c'est comme si on voudrait trop en faire pour excuser ce côté plus négatif de nos vies, comme pour acheter la paix, pour rendre les autres heureux, pour recevoir ne serait-ce qu'un peu d'amour... On essaye de tout donner aux autres et de les aider, voir les sauver. On s'oublie soi-même et on s'enfonce encore plus.

J'ai trop souvent dans ma vie voulu acheter un peu d'attention en donnant tout ce qui m'était possible de donner. Mais je me suis aperçu que ce n'était pas la bonne manière de faire car on a souvent profité de ma bonté, de mon grand coeur comme on dit.

La vie est trop courte pour nous les parents d'enfants malades pour qu'en plus on essaye d'acheter l'amitié, l'amour et la reconnaissance d'autrui. Tout ça pour être au final malheureux car on a profité de nous...

J'ai décidé à présent de penser à moi en premier car on m’a dit dernièrement qu’il fallait que je soit heureuse avec moi-même avant de penser l'être avec les autres. J'ai royalement besoin de toute l'énergie disponible avec mon fiston. Les amis, les collègues et tout le reste ne devraient être là qu'en extra.

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