Ma fille, ma vie

Ma fille, ma vie

Par Kassandra Gravel

Demain ça fera 1 an jour pour jour, que nous avons reçu la nouvelle qu'on attendait depuis 3 mois déjà. Le diagnostique de Victoria est tombé.

Il y a un an, je ne savais pas à quoi m'attendre, ni comment gérer mes émotions. Je ne savais pas quand je m'en remettrais. J'ai pleuré, pleuré... Jour et nuit... Ça été la pire journée de ma vie je vous le jure. Quand on est entré dans le bureau de la pédiatre, j'étais loin de m'attendre à un diagnostique aussi lourd. À la seconde qu'elle a dit que ma fille, ma vie, était atteinte d'un syndrome qui ferait qu'elle serait handicapée toute sa vie, mes oreilles ont commencé à bourdonner, les larmes ont monté et c'est à ce moment que le deuil d'une vie normale, d'un enfant parfait a commencé. Elle nous a peu informé sur le diagnostique car il restait à confirmer avec les résultats du papa et moi.

En sortant, la première chose que j'ai fait : Google. De lire l'état que mon enfant aurait pour le reste de sa vie m'a tellement fait de mal. Quand on met au monde un enfant, on ne veut que le meilleur pour lui. On souhaite qu'il réussisse à son tour, qu'il parle, se développe normalement, ait son premier appartement, un emploi, une vie de couple et des enfants. On était loin de savoir à quoi s'attendre à ce moment-là. Loin de savoir qu'on aurait des rendez-vous à toutes les semaines, des suivis serrés, des rendez-vous à l'extérieur. On était loin de savoir que la vie nous apporterait cet énorme défi.

Il y a un an, je voyais ça comme un échec. Je me questionnais comme pas possible. « Mais pourquoi ? Pourquoi nous ? Pourquoi elle ? Qu'est-ce que j'ai fais pour ça ? »

Aujourd'hui, je suis fière d'être la maman de Victoria, enfant différente. Je suis fière de réaliser les défis les uns après les autres, d'être là pour la pousser, l'aider à se développer. J'ai fais le deuil de mon enfant parfait et j'ai découvert qu'elle est parfaite comme elle est. Ma vision des choses a beaucoup changée. J'ai perdu des amis, changé mes habitudes de vie. À aucun moment je me suis remise en question, à aucun moment je me suis blâmée depuis mon cheminent.

Je l'avoue, ce n'est pas toujours facile. Je prends une journée à la fois, et maudit qu'elle ne cesse de me surprendre !

Aujourd'hui, je suis capable de dire que j'accepte le diagnostique de ma fille et que je suis bien avec ça. Nous adaptons les choses autour de nous sans cesse et oui, c'est souvent plus complexe, mais je suis fière de la petite fille qu'elle est.
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