Le petit +

Le petit +

Par Mylène Tremblay

Ce petit + était attendu et voulu. Nous étions heureux de compléter notre famille avec un petit être nouveau.

La grossesse était un peu pénible mais rien d'exceptionnelle; nausées qui ne partent pas, reflux intense, tomber sur la glace et se casser un poignet... Rien n 'avait présagé la suite. Une migraine intense nous amène à consulter en cette froide journée de mars. Comme j'avais fais une Pré-éclampsie légère à ma première grossesse, j'avais peur que ça arrive plus tôt à cette grossesse-ci. Mais finalement je repars avec le cœur léger : Aucun signe de pré-éclampsie, et la rareté que celle-ci survienne avant 28 semaines de grossesse.

Un beau matin de mars, j'ai mal dans la poitrine avec nausées. Je tente un bain, mais je vomis et je ne vais pas bien. Mon conjoint de l'époque m'amène donc à l’hôpital. Dans ma tête, aucun stress avant 28 semaines et personne de ma famille a accouché prématurément, alors je ne l'envisage même pas. Vous savez la belle phrase, « ça m'arrivera pas, voyons, ça arrive juste aux autres », elle tournait en boucle dans ma tête sans que je m'en rendre vraiment compte. J'étais hyper calme et même pas stressée.

Je suis à Saint-François d'assise, on me branche, on calme mes maux avec des médicaments et je suis stabilisée et bébé est top shape. C'est normal, ça m'arrivera pas voyons. Mais plusieurs examens plus tard, j’apprends que je suis transférée au Chul pour être au repos complet, couchée pour je ne sais combien de temps et je ne sais pas quelle raison exactement. Je suis avec ma sœur, je suis contente qu'elle soit là parce que je ne veux pas être seule pour apprendre ça. Je suis maintenant au Chul, j’attends de voir les spécialistes. Je suis à nouveau seule, l'angoisse monte. Pour la première fois, j'ai peur. Finalement, le diagnostique tombe : pré-éclampsie et j'en suis à seulement 26 semaines de grossesse. Je n'entend plus rien, seulement le mot PRÉMATURÉ.

Je demande à revoir le médecin avec mon conjoint, car je ne comprend et je n'entend plus rien. J'ai réellement très peur et je pleure sans cesse. Je dois donc être au repos complet, avec privilège douche. Je ne peux pas écouter la télé, ni utiliser internet, ni même recevoir de visite. Je dois diminuer les stimulis, et rester au lit. Mais j'ai un lit d'accouchement par manque de place en GARE (grossesses à risques élevées). J'ai mal partout parce que c'est pas confortable. On me dit que je dois me rendre à 28 semaines de grossesse car cela augmente les chances de survit et diminue les risques de séquelles. Impossible de m'y rendre dans ses conditions. Je n'ai droit à rien, je suis seule. J'ai un lit dur comme de la pierre, les infirmières ne peuvent me changer mon lit, je dois me fournir un matelas pour mettre par dessus. Je vous épargne les longues journées à ne pouvoir rien faire. Être seule dans sa tête alors qu'on a peur et qu'on ne sait pas ce qui arrivera par la suite, c'est la pire chose que j'avais vécu.

Comme J'étais stable et tout mes examens étaient corrects, j'ai eu droit aux visites, à la télé, internet, et m'ont même prêté un Ipad pour que je puisse occuper mon temps libre. J'étais contente et soulagée. Rien ne peut arriver maintenant, je suis stable. Voilà ce que je me dis. Mais 3 jours après mon admission, je me réveille dans la nuit avec la même douleur à la poitrine que la dernière fois. Pas de stress, ils ont réussi à me stabiliser la première fois... Mais non, ça ne marche pas cette fois ci. Mes enzymes de foie ont passées de 30-40 à 300-400 en l'espace de 2h.

Diagnostique : pré-éclampsie sévère avec HELLP SYNDROME. 5H am on me prépare pour une césarienne d'urgence. Je ne veux pas, je suis seule, mon conjoint est à la maison avec mon fils de 6 ans, ma sœur ne répond pas (son téléphone étant en mode nuit, sonne vraiment pas fort). Je panique car je suis sur le point d’entrer en salle d'op. Je pleure, ma vessie a même lâcher parce que je ne pouvais pas me lever. Je pleure et je m'excuse de pleurer et de ne pas écouter tout ce que le personnel me demande parce que j'ai mal, j'ai peur. Ça ne devait pas m'arriver voyons, ça arrive aux autres, pas à moi. Mais oui, ça m'arrive, donc je laisse le tout entre les mains de mon conjoint et je me laisse guider par le personnel autour de moi. 6h10 : Bébé Charles, pousse son premier cri. Il pleure... Je suis rassurée, car il est en vie. Dr. Caouette, le néonatalogiste de garde, me dit que c'est bon signe et part avec mon mini coco que je n'ai pu voir.

Mon conjoint entre en salle de césarienne alors que Charles est déjà parti en néonatalogie. Je pleure toujours. Je veux juste qu'il aille voir Charles. Moi je suis une adulte, mais Charles a besoin de nous. Moi on me recouds, on m’amène en salle de réveil puis aux soins intensifs. J'apprend que mon fils pèse 720 g (1lb ½), à 26 semaines 4/7 de grossesse. J'apprend qu'il est intubé pour l'aider à respirer mais qu'il va plutôt bien. Je peux donc me reposer pour revenir en forme car la suite des choses ne sera pas de tout repos. Il se passe 32heures avant que je puisse voir mon fils autre qu'en photo. Quel choc!!!!!!! (suite à venir)

Notre aventure de la prématurité commence alors. Petite anecdote : pendant que j'étais en salle de réveil, il y a eu une panne de courant. Ils ont des génératrices vous me direz. Mais moi de vous répondre, mais elles n'ont pas embarqué cette fois là. J'étais dans le noir total avec l'infirmière qui m'a dit : ne vous en faites pas, ils ont des génératrices à l'UNN. Mais lorsque mon conjoint est venu me voir, j'ai appris qu'il n'y avait pas d'électricité là-bas non plus. Mais Charles avait eu tous les soins nécessaire avant que ça arrive. Il restait à fermer le dôme de l'incubateur.

Quel entré dans ce monde petit Charles !! J'aime dire qu'il est tellement extraordinaire qu'il a fait sauté l'électricité lors de sa naissance.

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