J'en suis capable !

Par Julie Ayotte

Tout a commencé à ma naissance... J'ai manqué d'oxygène à la naissance alors sûrement que mes problèmes ont commencés à ce moment. Je suis atteinte d'une déficience intellectuelle légère avec possibilité d'un TDA non diagnostiqué. Par exemple, dès que je fais quelques choses et qu'un bruit me dérange, je vais être portée à aller voir ce qui ce passe.
Mes parents ce sont séparés quand j'avais 3 ans. Ce fût un moment difficile quand mon père est partie de la maison. J'ai fais nombre de crises à ma mère parce que je lui en voulais que papa soit partie et j'avais toujours une réponse de maman qui me disait : « Un jour, tu auras l'âge de comprendre. »
Quand mon père a rencontré ma belle-mère et ses quatre filles, là, j'ai commencé à vivre du rejet parce que j'ai toujours pensé que mon père préférait les filles de sa conjointe à moi. Croyez-moi, quand je restais avec eux à 11 ans, j'en cherchais de l'attention ! Je n'ai pas toujours été correcte avec les deux jumelles qui sont de la même âge que moi. J'étais jalouse de la relation qu'elles avaient avec mon père. J'ai le sentiment que mon père n'a pas toujours accepté le fait que j'apprenais plus lentement qu'une personne sans handicap.
Je me souviens d'un soir après l'école, mon père m'aidait pour mes devoirs. On arrive pour étudier les mathématiques, et ça, ça toujours été la matière dont j'ai eu le plus de misère. Mon père avait beau m'expliquer mais je ne comprenais pas. Il a fini par hausser la voix sur moi... Il a fallut que ma belle-mère s'en mêle et dise à mon père de ne plus me parler ainsi et de la laisser m'aider pour mes leçons et mes devoirs.
J'ai toujours eu une belle complicité avec ma belle-mère. Je suis chanceuse de l'avoir car c'est pas tout le monde qui ont ce genre de relation avec leur beaux-parents. Je suis ensuite retourné vivre avec ma maman à mes 13 ans. Encore là, c'était pas stable avec maman... On en a fait du déménagement parce que maman n'était pas capable d'être heureuse seule. Il y avait toujours un homme dans sa vie et dès que ça allait bien, go, ont déménageait et oups, ça ne fonctionnait plus, et ont re-déménageait encore... Je lui en ai voulu pendant longtemps. Mais avec mes meetings sur la dépendance affective, j'ai appris à lui pardonner. Malgré tout ça, je sais aussi qu'elle a fait son possible pour que je ne manque de rien surtout qu'elle était mère monoparentale. Avec maman, j'ai toujours eu ce que je voulais et quand je l'avais pas, c'était la crise. Ça m'a permit de réaliser que dans la vie on ne peut pas avoir tout ce que l'on veut.
Avant le décès de maman, on a pu se pardonner. J'ai pu lui demander pardon d'avoir été méchante avec elle étant plus jeune et elle m'a répondu : « Julie tu es ma fille et je t'ai pardonné il y a longtemps. » J'ai réalisé que peu importe comment un enfant ou un ado agit avec sa mère, qu'elle va toujours l'aimer. Ensuite, elle m'a demandé à son tour pardon pour les nombreux déménagements. Je lui ai pardonné aussi.
Maman a fini par rencontrer mon beau-père neuf ans avant son décès. C'est un homme merveilleux que j'aime beaucoup. En 23 ans, depuis mon père, c'était la première fois que je voyais maman heureuse. Mon beau-père fait encore partie de ma vie et sa fille aussi. Il a prit un rôle paternel que j'ai pas eu avec mon vrai père. Il est arrivé dans ma vie quand j'avais 15 ans et il n'en sortira jamais. Mon beau-père avait promis à ma maman qu'il continuerait à faire partie de ma vie et j'ai dis à maman de partir la tête tranquille, que tout irait bien. Elle est partie rassurée.
Après le décès de maman, j'ai vécu une séparation de couple de deux ans et je suis tombé en dépression. Vivre deux deuils en même temps, je ne souhaite ça à personne. Ma famille avait beau vouloir m'aider en me conseillant de consulter, je les envoyais promener. En fait, je savais qu'ils avaient raison.... Une jour, je me suis levé et je me suis tanné. J'ai pris mon cell et j'ai appelé au CLSC pour avoir l'aide d'une travailleuse sociale. Ils ont pris mon appel d'urgence parce que j'avais des idées suicidaires et je n'étais pas heureuse avec moi-même. Je vivais beaucoup de choses en même temps. Aussi, j'ai commencé à rencontrer des hommes et à tomber en couple rapidement. Quand ça ne fonctionnait pas avec un, et bien un autre arrivait dans le décor.
Après cinq ans à vivre ainsi, ça fait six mois que j'ai cessé de rencontrer via internet parce que je me suis écoeuré de tomber sur les pires hommes. Dès que je rencontrais quelqu'un de bien, je fuyais parce que je ne m'aimais pas. J'ai eu entre temps quatre travailleuses sociale, dont une que j'ai eu pendant deux ans et que j'aimais énormément mais elle a dû quitter pour des raisons personnelles.
J'ai l'aide d'une nouvelle travailleuse sociale depuis maintenant un an et je l'adore ! Elle m'apporte tellement dans ma vie. Elle m'a appris beaucoup de choses. On a même regardé un petit film qui montre qu'il ne faut jamais inviter un étranger chez soi car je peux mettre ma vie en danger. Ça a prit du temps, mais j'ai fini par comprendre que je me mettais en danger. Par la suite, avec l'aide de mon oncle, on a fait des démarches pour que j'aille participer à des rencontres sur la dépendance affective anonyme. Au final, aller là c'est une thérapie pour moi et j'adore ça !
Présentement, je suis dans une période d'acceptation de mon passé et de pardon à moi-même. J'ai pardonné à maman pour les nombreux déménagements et j'ai pardonné à mon père de comment il agissait avec moi pendant ma jeunesse. Je lui en ai même parlé en personne ce qui m'a surpris car d'habitude je garde mes émotions. Maintenant, je ne suis plus fâchée dû au fait qu'il ne voulait pas d'enfant car je sais qu'il m'aime et qu'il est très fier de ce que je suis devenue et qu'en plus je travaille.
Avant, je disais que je n'étais pas capable de travailler à cause de ma déficience intellectuelle légère mais câline que je me suis trompée ! J'en suis capable ! J'entame ma première année en décembre au McDo dans l'entretien ménagé et j'adore ça. Les jeux vidéo c'est une autre passion. Il y a beaucoup de gens qui disent que c'est pas bon mais pour moi, ça m'a aidé dans la vie et ça me change les idées. J'ai aussi mes merveilleux animaux que j'aime plus que tout au monde.
Alors, je vous le dis : Quand ont veut se sortir de quelques choses, eh bien, on le peut. Il faut juste le vouloir. Je voulais aussi mentionner que maman s'est battue jusqu'au bout pour que j'aille le droit d'avoir l'aide sociale et elle a finit par réussir. Ça m'aide à subvenir à mes besoins. Elle a tout fait pour que je ne manque de rien. J'ai eu une maman en or et je suis sûre que de là haut elle doit être fière de ce que je suis devenue.
Avant de terminer, j'ai finit par comprendre que quand on n'est plus heureux avec quelqu'un, il est préférable de mettre un terme à la relation et de continuer à vivre sans la personne. En vieillissant ont comprend beaucoup de choses. Ayant été intimidée dans ma jeunesse, je me demandais « pourquoi moi ? ». Des jeunes s'amusaient à me pousser en bas de la balançoire, me tiraient les cheveux et ouvraient mon sac d'école dans l'autobus. Sans compter les mots qui sortaient de leur bouche...
J'en ai parlé avec maman et elle était tannée de me voir arriver de l'école en pleurant. Un matin, elle est allé parler au chauffeur d'autobus et les jeunes ont finit par arrêter. La violence ne mène à rien. C'était pas moi le problème mais eux. C'est eux qui sont malheureux, pas moi. Personnellement, je ne leur en veux pas du tout de m'avoir fait subir ça car je suis encore plus forte maintenant.

5 commentaires

  • Merci Gigi et mon oncle pour votre soutien je vous aiment

    Julie
  • Merci Gigi et mon oncle pour votre soutiens je vous aiment ❤️

    Julie
  • Bravo pour ton cheminement ! Message touchant, je sud fière de toi continue, je t’aime💖
    Gigi xox

    Ginette
  • Wow, c’est vraiment une belle histoire, belle histoire dans la façon que tu a changé tout ces malheurs en apprentissage. Tu a réussi à nourrir la grande personne que tu est devenu en devenant en paix avec toi même, en t’aimant et en te respectant, le pardon ne change pas le passé mais change ta vie pour le meilleur.

    Sylvain T.
  • Merci à toi Geneviève d’avoir pensé à moi.
    J’ai eu du plaisir à raconter une petite partie de ma vie 😊

    Julie

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