Citations typiques d'un enfant atypique

Citations typiques d'un enfant atypique

Lorsqu'on parle de la vie avec un enfant différent, on pense tout naturellement aux embuches qui peuvent survenir tout au long du parcours de vie de cet enfant et avec raisons. Cependant, il ne faut tout de même pas occulter le fait que nos petits trésors sont aussi des êtres merveilleux plein de potentiel. Ils ont souvent une vision différente des choses et ils ont souvent le don de nous sortir des perles de répliques. 

 

Voici donc pour vous faire sourire quelques anecdotes ludiques qui nous sont arrivées dans les dernières années grâce à son authentique pensée autistique et son sens de la répartie si extraordinaire.

 


 

Pis ?

15 novembre 2018

C'est l'heure du souper et on s'installe tous à la table...

Une repense vaguement à une vidéo que j'avais vu passer pendant la journée sur les réseaux sociaux. Je dis à mon conjoint : « Je te regarde toi là, tu sais que ça te ferait peut-être bien des mèches plus pâles dans les cheveux ? »

Papa ne répond pas. Il se contente de lever les yeux au ciel... Disons que les hommes n'ont pas toujours les mêmes centres d'intérêts que les femmes. Mon garçon arrive pour manger et s'insère dans la discussion : « Hye je vous regarde vous deux là... » Il se met à nous fixer à tour de rôle un peu trop intensément pour la situation. Son sérieux commence à perdre de la crédibilité par l'absurdité de la situation. On attend une réponse. Son petit bec pincé nous surveille. Le silence continue de se faire entendre. Papa et moi nous demandons qui d'entre lui et moi va se lancer. Je m'essaye donc avec un léger « Pis ? ». Je veux savoir ce qu'il va encore nous sortir.

Du tac au tac, il me répond « Pis quoi ? ». Mon conjoint et moi étouffons un fou rire. On a tout à coup l'impression que les dernières phrases qu'on a échangées n'existent plus. « Tu disais que tu nous regardais, et... ??? ». Après avoir assez fait durer le suspense, il s'élance : « Bin, avez-vous des os dans vos bras ? Hein ? Hein ?? » avec l'air d'un détective sur le point de résoudre le cas du siècle ! 

 


 

Le Potage

30 novembre 2018

Hier soir pour souper (hé oui ! Encore l'heure du souper), j’ai concocté un bon potage au brocoli et chou-fleur. J'aime essayer de nouvelles saveurs et textures de potages. Les possibilités sont infinies !

Comme prévu, il était délicieux ! Raphaël, avec ses difficultés sensorielles, n'était pas très heureux à l’idée d’en manger. Il dévisageait le potage silencieusement comme si je lui avais remis un bol de vers de terre bien juteux.

Le tout s'inscrivant dans le cadre d'une diète sensorielle, je tente le tout pour le tout. Je lui demande de goûter au moins. S'il n'aime pas ça, ok ! Mais au moins, il aura fait l'effort de sortir de sa zone de confort anti-légume. Il s’exécute.

Le verdict : « Ah ! .... C’est parce que c’est beaucoup trop bon pour moi Maman. Je suis désolé mais je ne peux pas en manger. »

On choisit nos combat. Il a goûté, alors je lui ai fait une toast...

 


 

J'ai faim !

22 mars 2019

Il avait faim. Il criait « J’ai faim ! » avec la fougue d’un castor enragé. Pourtant, le souper était prêt. Je m'apprêtais à mettre les assiettes, pendant que Papa mettait la table. Une histoire de deux minutes.

Mais un enfant, quand ça dit que ça a faim, tassez-vous de là. Le miens en tous cas pourrait me croquer le genou ! On lui a proposé un fromage, « NON... » une purée de fruit, « Nooonnnnn.... », un biscuit, « NOOONNNNN !! » qu'il disait. Il n'y avait rien à faire, lui il voulait le restant de vieux baloney périmé prisonnier d'un sac Ziplock dans le fin fond du frigo.

Oui, effectivement, il fallait le jeter... Parce que non seulement c'est un enfant qui a très faim (il est tellement maltraité...), mais en plus, s'il y a une charcuterie dans la place, il la trouve instantanément. Il a alors fallu que je me « batte » avec pour qu’il arrête de crier des insultes, me cracher au visage et me donner des coups de pieds ou de poing. Complètement déconnecté. Comme s'il n'était plus là et qu'un vilain petit garçon avait prit la place de mon enfant. Il y a 100 ans, il aurait probablement été envoyé dans une église pour un exorcisme. 

Une chance que Papa était là. On a pu se relayer car on est comme une équipe. Et paff ! Soudain, ses yeux cessent d’être dilatés. Il retrouve sa douceur. Il me caresse la joue avec la délicatesse d'un ange et me dit : « Maman, tu es une des plus belle maman du monde ! ». Puis, il repart gambader au salon, ne demande plus à manger et il sourit. Je suis complètement éméchée. J'ai chaud comme si j'arrivais d'un entraînement de lutte. Mais je suis juste heureuse d'avoir réussis à tenir mon bout, même si en contrepartie mon souper est rendu froid. Encore une fois, je choisis mes batailles et je préfère endurer une crise de trente minute que ramasser un enfant malade. La barbe de mon conjoint a poussée comme s'il ne s'était pas rasé depuis un mois. Ses yeux sont creusés. On a survécut !

Mais lui, mon petit coeur, il ne se rappelle d'absolument rien. Il est juste heureux de regarder la télévision. On l'entend chanter. Il chante toujours quand il est heureux... Calme comme une image. 

 


 

La Joke

12 mai 2019 

On pratique une blague depuis 2-3 ans. Ça s’en vient. Avant, il ne répondait pas ou il répétait la blague sans nous dire la fin. Nous sommes collés dans le canapé. Petit bébé fait la sieste. La fameuse blague me passe par la tête : « Pet pi Répette s’en vont en bateau. Pet tombe à l’eau qui qui reste ? » Et lui de répondre : « Pet »...

L'espace d'un instant je me dis que non, mon enfant doit absolument comprendre cette vieille farce plate. Que même si son humour est différent, il doit la comprendre. « Non, écoute bien. Pet pi Répette s’en vont en bateau. Pet tombe à l’eau qui qui reste ? » Alors il me lâche : « Pi Répete ? »

Bon, ça commence à se corser. Et je ne veux surtout pas le diminuer. Alors je reprend mon ton de neutralité pédagogique : « Heu... Non, non. Écoute bien. Pet pi Répette s’en vont en bateau. Pet tombe à l’eau qui qui reste ? »

Il semble avoir enfin comprit ! Je le vois dans ses yeux, l'éclair de génie qui brille. J'attend la réponse... « Pi ? »

Je commence à avoir un mince doute que nous n'y arriverons pas cette fois encore, mais loin de me décourager, je me réessaye : «... Je répète lentement.... Pet pi Répette s’en vont en bateau. Pet tombe à l’eau... Il n'est PLUS LÀ Pet. Yé mort !!! Ils étaient deux. Alors qui qui reste ? »

Là je le sais, je le sent, il va me donner la bonne réponse. Je distingue les engrenages de son cerveau travailler si fort. Et là, s'illumine à nouveau : « Le bateau !!! »

* Calin... « Bah... Si tu veux mon garçon. le bateau est resté sur l'eau ! »

 


 

Le motard

29 juillet 2019

Je sort du magasin avec petit bébé et grand garçon. En arrivant tout près de la voiture, une moto se stationne à côté de nous. L'homme me dit : « Avez-vous des kleenex ??? » Je ne sais pas pourquoi, mais sa vitre de lunette est complètement mouillée, DE L'EXTÉRIEUR. Pourtant, il fait gros soleil. Aucun nuage à l'horizon. On pourrait penser qu’il a sué fort car on est en plein été. Mais non, impossible, l'eau est à 'extérieure des lunettes. Je réalise donc qu’il ne voit vraiment plus rien.

Je me retourne, je vois que sur le bord de la porte d'auto de mon grand, il y a une boîte de mouchoirs écrabouillée, mais il en reste dedans. « Oui, pas de problème. » Le motard enlève son casque et ses lunettes et s'explique : « C’est ma première fois en moto, alors j’apprend ! Haha ! » Il apprend quoi ? À Nager ??? Mais ça je ne le dit que dans ma tête.

En sortant le bébé du chariot, je demande à mon grand : « Pourrais-tu aller voir de ton côté de la voiture pour le monsieur, il y a une boîte de papier mouchoir ? »

Mon fils, toujours aussi serviable, n'a pas besoin de se faire prier et il part à toute vitesse. De mon côté, je discute avec l'homme et lui explique en marchant vers la voiture que la boîte est de l’autre côté du véhicule. Alors il me suit. Arrivés de l’autre côté de l'auto, j'aperçois mon garçon entrer complètement dans la voiture. Ce n'est pas le genre de mouvement qu'on fait pour attraper une boîte de mouchoirs sur le bord de la porte...

Comme je vois bien que mon garçon est partis en expédition dans le fin fond de la voiture, je donne la boîte au monsieur. On continue de discuter. Le motard essuie ses lunettes trop mouillées. C'est alors que mon garçon revient fièrement près de la porte avec, tenez-vous bien, une serviette hygiénique dans ses mains : « Hye Maman ! Ça c’est des beaux kleenex pour les madames hen ? »  

Je fond ! Non sérieusement, j'ai littéralement perdu deux pieds de haut et j'ai gagné trois teinds de rouge au visage. J'ai ramassé la dite serviette d'un coup vif et je l’ai lancée au bout de mes bras tel un frisbee. Vous n'avez jamais vu une serviette « ORVOLER » à ce point ! Un ballon de football. Non, une étoile filante ! 

Le MALAISE !!! Le pauvre homme a faillit re-rentrer dans son casque tellement il avait envie de se cacher ! Il s’est sauvé sans demandé son reste et nous souhaiter bonne journée.  

 


 

Batman et Robin

1er septembre 2019

Mon garçon avait été informé quelques semaines plus tôt qu'il devrait être opéré pour une hernie inguinale. Nous lui avions expliqué ce qu'était qu'une hernie, pourquoi c'était arrivé et quelle serait la procédure chirurgicale. Il avait même vu des images, des vidéos. On ne prépare jamais assez une personne avec un Trouble dans le Spectre de l'autisme (TSA). J'étais en train de plier des vêtements, une des multitudes brassées de lavage sans fin. Assis à côté de moi, il me dit tout à coup : « Maman, il faudrait que tu appelles Robin pour lui dire de m’apporter un cadeau quand je vais me faire opérer. Tu sais, le vrai Robin là, qui reste à Jump City avec les Teens Titans. »

Bon.

Mise en contexte numéro 1 : Mon fils a des intérêts restreints, ce qui signifie qu'il est plus que passionné de certains sujets. La passion est semblable à une lassitude complète par rapport à ses intérêts. C'est comme une obsession, mais sommes toute positive. Les Teens Titans Go, un dessin animé qu'il écoute en boucle depuis qu'il a quatre ans et il en a maintenant neuf. Toujours les mêmes émissions. Encore et encore. On les connais par coeur.

Mise en contexte numéro 2 : Mon fils croit que Batman, le Père Noël, le lapin de Pâques, les anges, les sorcières, Mario Bros, et bien sûr, les Teens Titans existent. Et c'est bien correct pour nous. Il garde la magie dans son coeur. C'est tellement beau de le voir s'illuminer chaque fois qu'il voit le Père Noël au centre d'achat. Bref, sa naïveté est une denrée rare en ces temps où les enfants sont complètement désabusés.

Alors je lui répond : « Heu..... Bin, c'est parce que je n'ai pas son numéro de téléphone... Je ne le connais pas vraiment tu sais... » Et là, l'étonnement à son plus haut point : « Tu ne le connais pas !???? » Vite... Trouvons une réponse. Je dois absolument me rattraper. Alors je patine comme je peux : « Bin, je sais c’est qui, mais je ne le connais pas personnellement. Je ne l’ai jamais rencontré. »

Moment de silence. Il réfléchit. J'entend son cerveau faire un 45 tours et soudainement, il me dit : « Ok ! Alors demande à Batman et Green Lantern (un autre super héros du même univers) de lui faire le message. »

Comme si je les connaissais plus... Je crois que je n'ai pas finis de patiner... 

 


 

La pédale

8 octobre 2019

On part toute la famille pour aller à l’hôpital. Petit frère ne se sent pas bien, grosse fièvre, grosse otite en prévision. Mon grand sort le premier en courant comme à l'habitude. Il fait le tour de l’auto quelques fois. Puis, il s'arrête net et prend un objet étrange dans ses mains. Papa sort dehors avec bébé qui hurle de douleur. Garçon répète sans arrêt « C’est une trappe à souris ! C’est une trappe à souris ! C’est une trappe à souris !... »

Pour le rassurer, Papa qui attache le bébé hurlant, lui répète à plusieurs reprises que ce n’est pas une trappe. Il n’a pas regardé vraiment. Ça avait juste l’air d’un bout de plastique noir. Après tout, pourquoi quelqu’un aurait mis une trappe à souris directement derrière les roues de l'auto ?

Je sort à mon tour et j’entend leur discussion. Je m'assoit du côté conducteur, c'est mon tour. Pendant que Papa termine son combat interminable avec un bébé très peu coopératif, je demande à mon grand de me remettre l'objet mystérieux qui ressemble étrangement à une pédale de guitare. Moi aussi je suis curieuse. Pendant que sans arrêt, fiston continue de répéter en écholalie « C’est une trappe à souris ! C’est une trappe à souris ! C’est une trappe à souris !... »

J’attrape la chose des mains de mon Superboy en pleine perte de contrôle verbale et je commence à taponner la chose pour voir enfin ce que c’est.

SLAAAK !!! ... Sur mes doigts... Avec en prime quelques touffes de poils de je ne sais pas quel animal... Le bébé ne pleure plus, trop étonné par mon cri de mort... 

C’était bel et bien une trappe à souris. J’aurais dû me méfier. J'ai le doigt en sang. J’ai probablement attrapé la rage. C'est qui la pédale ?

 


 

La veste

8 octobre 2019 (la suite)

Enfin on est arrivé à l’hôpital pour le petit frère. Mon doigt saigne encore mais je me dis que si j'ai la rage, j'aurai eu une belle vie... Nous patientons. Le bébé tombe enfin endormi. Mais je remarque que mon grand se lève, et commence à frapper sa veste par terre frénétiquement. Au bout d'un moment, je lui demande : « Qu’est-ce que tu fais mon garçon ? » Il me regarde en continuant de frapper sa verte. « J’essaie de sortir de ma poche... » La suite ne vient pas. Qu'est-ce qu'il peut bien vouloir sortir de sa poche ?

Je prend la veste et je sens une drôle de masse. Je me dis que c’est probablement un jouet qu'il a voulu cacher. Et comme il a certaines petites lacunes au niveau moteur, il n'arrive plus à le sortir de la poche. Je lui demande donc en souriant : « c’est quoiiiiiii ? »

Il a tellement l'air coquin. Ça doit venir de l'école. Quelques choses qu'il a reçu en récompense. Je glisse ma main lentement à l'intérieur de la poche et une masse visqueuse se dépose dans ma main. Encore là, la naïveté l'emporte. Je me dis que ce doit être un petit insecte de caoutchouc... Mais son sourire aurait dû m’avertir...

C'est en tentant de sortir l’objet que mes doigts s’enfoncent dedans l'objet et c'est à ce moment précis qu'il lâche sur un ton tout à fait posé : « C’est une orange pourrie. »

Je meurt en dedans ... « Eurkkkk ! »... Ça va m’apprendre à ne pas me mêler de mes affaires...

 

 

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